jeudi 31 mars 2011

Bachar El Assad, parler pour ne rien dire !

Après des jours de silence Bachar el Assad a daigné enfin s'exprimer sur les bouleversements du Moyen Orient et les manifestations citoyennes en Syrie. La répression fut violente pour imposer le silence aux insurgés qui, selon lui, seraient manipulés par des puissances étrangères.---------------------------------------------- Quel est le régime arabe qui ne joue pas cette soporifique musique dès que ses "sujets" revendiquent un peu bruyamment un peu de liberté, un peu de respect, un partage plus équitable de l'effort et des biens?------------------------------------------ Une lamentable cacophonie ! ------------------------------------------------------------Quand même, Bachar el Assad a prétendu avoir lancé les réformes en 2005... ------Sur le papier, uniquement.----------------------------------------------------------------Supposons que la jeunesse syrienne ne soit pas descendue dans la rue en Mars 2011. Aurait-il parlé de ses beaux projets de démocratisation du pays ? ---------------------Laissons-lui le bénéfice du doute. -------------------------------------------------------Quand un dictateur reconnaît que les manifestations des jeunes l'ont tiré d'un lourd sommeil et lui ont rappelé qu'il avait de beaux projets qui dormaient dans un fond de tiroir depuis six longues années, il ne faut pas trop le bousculer. Demandons-lui seulement combien de décennies lui faudra t-il pour les concrétiser ? ----------------Relevons une contradiction: --------------------------------------------------------------D'un côté il reconnaît le bien fondé des revendications citoyennes, de l'autre côté il accuse les jeunes syriens de se faire manipuler par des puissances étrangères. Mais par dessus il imite Ali Abdallah Saleh, Kadhafi, Abdallah Ben Abdelaziz, Bouteflika, Mohamed VI et autres candidats uniques "élus" à plus de 90% des suffrages exprimés dans des élections libres, honnêtes et transparentes mais contrôlées par ses moukhabarates* exclusivement.---------------------------------------------------------- J'y suis, j'y reste... --------------------------------------------------------------------------C'est moi où le chaos... --------------------------------------------------------------------Vous connaîssez très bien la chanson ! --------------------------------------------------- Ali Abdallah Saleh a déclaré dernièrement que 95% des Yéménites désirent qu'il reste président c'est donc à ceux qui lui demandent de partir, 5% de la population selon lui, de changer de pays.-------------------------------------------------------------------------- Nous sommes absolument certains que si tous les dictateurs actuels organiseront un référendum sans la présence des moukhabarates et du parti unique dans les bureaux de vote aucun d'entre-eux n'obtiendra plus de 25% de voix en sa faveur. Et nous sommes très généreux avec eux. ----------------------------------------------------------- --------------------------------------------------------------------------Mahdi Hocine ------------------------------------------------------------------------------------------------- *) Moukhabarate: police politique.

mercredi 2 mars 2011

Quelle démocratie pour les Arabes ?

L'ouragan de révolte qui souffle sur le monde arabe est dévastateur. Il est assez puissant pour changer la politique au Moyen Orient. Aussi il empêche les "maîtres" de ce bas monde et leurs alliés de dormir tranquillement.
En premier lieu Barack Obama, Shimon Pères, Netanyahu, Angéla Merkel, Nicolas Sarkozy et une bonne partie des dirigeants de l'Union Européenne.
Leur problème:
Après nous avoir privés de jouir comme leurs administrés des droits de l'homme, du Savoir et d'un niveau de vie décent ils se posent une bizarre question.
Quellle genre de démocratie faut-il inventer pour calmer les peuples arabes qui se sont brutalement réveillés et tous en même temps d'un sommeil séculaire ?
Dans un premier temps Obama, Pères, Merkel et Sarkozy avaient cru trouver la bonne solution en forçant les dictateurs encore en place à assouplir les méthodes actuelles de gouvernance et d'élargir le partage de la rente aux franges sociales les plus défavorisées. Celles à peu près analphabètes qui ne regardent pas plus loin qu'un minimum de bien être domestique, donc celles qui sont psychologiquement prédisposées à grossir les mouvements de protestation par simple effet de d'entrainement.
Coincidence ?
La Ligue Arabe a ouvert sa cession du 2 mars 2011 par un ordre du jour qui recommande aux dictateurs du Maghreb et du Moyen Orient de satistaire les revendications sociales et économiques des citoyens pour refroidir le bouillonnement révolutionnaire.
C'est exactement la nouvelle orientation de Washington.
C'est ce que nous appelons la "démocratie" du ventre telle que préconisée par un empereur de la Rôme antique:
-"Le peuple ? Donne-lui à manger et fais ce qui te plait".
Mais pourquoi Obama, Pères, Merkel, Sarkozy et une partie de l'Union Européenne ne voient-ils en nous que des estomacs vides qu'il est nécessaire de remplir au plus vite pour avoir la paix ?
Pourtant en Tunisie et en Egypte les insurgés ont démontré que les revendications dépassent de très loin les choses du ventre. Le chômage et la précarité du logement n'ont été que les étincelles qui ont allumé la mèche de la déflagration. La souveraineté citoyenne, l'alternance au pouvoir, la liberté d'expression, le respect des droits de l'homme, la libération des prisonniers politiques, la place du pays dans le monde... Mais aussi la volonté de laver la honte provoquée par la servilité des dictateurs et des monarques arabes vis à vis de Washington ainsi que des anciennes puissances coloniales. Ce qui explique pourquoi celles-ci continuent de piller sans vergogne nos précieuses ressources naturelles et de voir en nous des moins que rien.
Barack Obama, Shimon Pères, Netanyahu, Angéla Merkel et une bonne partie de l'Union Européenne s'agitent comme des diables et agitent l'épouvantail islamiste qui leur a servi d'alibi aux yeux de l'opinion civilisée pour armer, financer et protéger les dictateurs du monde Arabe.
Or l'islamisme n'effraie plus personne bien que les carriéristes politiques d'Europe en font la colonne vertébrale de leur propagande électoraliste.
Pourquoi ne citent-ils pas l'exemple du dirigeant qui a été démocratiquement élu dans un pays laïc sous l'étiquette d'un parti islamiste qui faisait trembler l'Europe ?
La réponse est très simple:
Tayeb Erdogan a prouvé qu'un premier ministre islamiste est plus respectueux du droit international que tous les dirigeants européens qui ont été élus sous l'étiquette des partis démocratiques de droite, du centre, de gauche, modérés et extrêmistes confondus. Il a aussi démontré qu'un dirigeant du Moyen Orient peut être un précieux allié de Washington et du régime sioniste sans sacrifier les intérêts et l'honneur de son pays. En interdisant à l'armée américaine d'envahir l'Irak à partir de la Turquie, qu'a-t-il perdu ? Rien. A Davos, en présence des maîtres du monde et sous les lentilles des caméras des médias lourds du monde entier, Erdogan a accusé Shimon Pères de crimes contre l'humanité. Qu' a-t-il perdu ? Rien. Bien que la France, l'Espagne, l'Allemagne, l'Angleterre aient interdit à leurs magistrats de poursuivre les dirigeants sionistes pour les génocides perpétrés à Gaza, Sabra, Chatila, Béthlèem, Beyrout. L'Europe officielle avait obéi aux injonctions de Washington qui avait également ordonné à Luis Moréno Ocompo de dormir sur les dossiers.
Au contraire Tayeb Erdogan a gagné l'estime d'une grande partie de l'opinon mondiale et Arabe qui avait une image réductrice de l'Islam (religion violente, intolèrante, raciste), image véhiculée par des médias lourds et des intellectuels intéressés plus par la rente publicitaire que par le souci de la déontologie.
Avec le psychopathe George Bush le premier ministre turque risquait la mort.
Il n'avait pas sacrifié le droit des Palestiniens à l'autodétermination selon les résolutions de l'ONU au risque de déplaire A Obama, Merkel et Sarkozy malgré son grand désire d'occuper un siège à part entière au sein de l'Union Européenne. Or ce rôle incombait à Hosni Moubarak et au sultan Abdallah de l'Arabie Saoudite qui ont d'extraordinaires moyens de pression sur l'Europe, l'Angleterre et l'Amérique qui s'opposent farouchement aux résolutions équitables de l'ONU.
Par ailleurs, au moment où nous avons commencé à rédiger le brouillon de ce texte (le 2 mars 2011) les insurgés égyptiens rassemblés sur la place de la libération au Caire ont ajouté une nouvelle revendication à leur liste :
L'Unité Arabe une fois que tous les dictateurs seront détrônes.
Ah, ce vieux rêve né pendant les réunions secrètes qui préparaient l'action des mouvements de décolonisation qui n'ont pas encore donné leurs fruits puisque les anciennes puissances coloniales nous ont accordé la liberté d'exhiber le drapeau national mais elles ont gardé la main sur les sources de nos richesses naturelles.
Elles nous ont même interdit l'accès de la souveraineté citoyenne qui est la crème de l'indépendance.
Et pour perpétrer ce crime contre l'humanité néocolonial elles se servent de nos dictateurs, de nos policiers, de nos soldats, de nos intellectuels, de nos écrivains, de nos journalistes, de nos artistes qui ont librement choisi d'être du côté de la force, de la hogra, de l'injustice, du liberticide.
Nul doute que l'élimination des piliers et des résidus du régime Moubarak replacera le Maghreb et le Moyen Orient sur le Chemin de l'indépendance au sens propre du terme politique, économique, culturelle.
Obama avait la Turquie, l'Egypte et l'Arabie Saoudite qui constituaient les pièces maîtresses de son puissant dispositif de domination du Monde Arabe. Ne lui reste que l'Arabie Saoudite. Celle-ci ne peut en aucun cas remplacer l'Egypte dont l'armée a beaucoup de défaut mais elle était en mesure de garantir la sécurité de Mahmoud Abbas contre les Palestiniens qui n'ont jamais cru ni au processus de Camp David, ni aux accords de Madrid ni à ceux d'Oslo. A elle seule l'Arabie Saoudite n'est pas en mesure de maintenir le statu-quo que désirent prolonger indéfiniment Washington et le régime sioniste.
Barack Obama, Hillary Clinton, Shimon Perès, Netanyahu tremblent et cauchemardent en ce moment car Moubarak était la pierre angulaire d'un rempart sécuritaire qu'ils croyaient inébramlable bâti à l'effet d'isoler le peuple palestinien dans des bandoustans en éludant leurs légitimes revendications d'une réelle indépendance et le retour des réfugiés.
Moubarak était d'une grande efficacité avec une âme de mercenaire de la pire espèce, très dévoué à ses employeurs. Certes, il est définitivement écarté du pouvoir. Mais il a laissé derrière une équipe bien rodée et soudée qui s'incruste à des postes qui la protègent de la déchéance et des poursuites judiciaires éventuelles (crimes économiques)
Le fait notable à l'heure actuelle c'est que les insurgés aient décidé de résister jusqu'au départ du dernier homme du régime Moubarak.
Ce qui appelle Obama, Pères, Merkel, Sarkozy et une bonne partie de l'Union Européenne à réviser leur position.
Oui !
Les peuples en faim...
D'indépendance, de reconnaîssance, de dignité, d'équité, de paix.
Mais entre eux et leurs aspirations légitimes se dressent Obama, Pères, Merkel, Sarkozy et une bonne partie de l'Union Européenne.
Quelle démocratie pour les Arabes ?
Nous répondons par une question ?
Y a t-il une autre démocratie que la démocratie ?

Mahdi Hocine

mardi 1 mars 2011

Sarkozy : Repentance ou comédie ?

L'éviction de Michèle Alliot Marie a fourni à Sarco-coco l'opportunité d'évoquer le vent de révolte qui souffle sur le Maghreb et le monde Arabe. Dans une intervention de sept minutes environ il a eu l'indécence de réaffirmer que les dictateurs arabes ont été très utiles à la sécurité de l'Europe. Essentiellement contre le terrorisme intégriste et l'immigration clandestine. C'était pour cela qu'il les soutenait.
Il ne nous dira pas pourquoi avant les années quatre-vingt-dix du siècle dernier l'Europe officielle fricotait avec Saddam Hussein, Réda Pahlawi, Moubarak, Ben Ali, Chadli, Hassan II et tous les monarques du Golfe qui ont tous piétinés les droits de l'homme et craché sur les concepts de la souveraineté citoyenne, allant jusqu'à assassiner de simples citoyens qui revendiquent un peu de liberté ou un peu de justice ?
Le pétrole, les matières premières, les espaces d'enfouissement des déchets nucléaires et toxiques, les vacances gratuites dans les palaces haut de gamme... Bien sûr, quand un dictateur
sanguinaire accepte de faire de son pays une poubelle pour l'industrie polluante, quand il vous offre les sources des richesses naturelles de son pays, il mérite bien d'être armé et protégé contre son peuple. Il mérite bien d'être reçu avec fastes et les honneurs dans les pays civilisés de cette Europe où la démocratie est sacrée à l'intérieur de ses frontières uniquement.
Nous avons répété cela des dizaines de fois. Nous le répéterons des millions de fois s'il le faudra.
Il nous revient en mémoire l'exemple d'un dictateur africain, harki de la France.
A chaque fois qu'Omar Bongo répondait à une convocation (disons une invitation) du Général de Gaulle il passait chez un grand couturier qui envoyait les factures à l'intendance de l'Elysée. Le Général de Gaulle pestait, criait, s'indignait mais ordonnait le paiement. Tout de même Omar Bngo avait mis tout son pays à la disposition de la France et le président de la république française chicanait pour quelques costumes et chemises.
Et que dire du "cher cousin" Bokassa avec Giscard d'Estaing, des Mobutu, des Ben Ali, des
Moubarak, des Hassan II, des Khadafi, assassins notoires, qui pouvaient jouir de la complicité de l'Etat français (affaire Mehdi Ben Barka) pour se débarrasser de leurs farouches opposants
qui bénéficient de l'asile politique en France et qui sont donc sous la protection des dirigeants du pays d'accueil.
L'Europe civilisée tapissait leur chemin de fleurs, de flatteries, de cadeaux bien avant l'avènement du terrorisme politique pratiqué sous le couvert d'une religion qui glorifie la paix et l'amour. Pour rappel Ben Laden fut armé et financé par Washington et l'Arabie Saoudite pour libérer le monde Arabe de l'influence soviétique avant de se retourner contre ses promoteurs.
Qui peut croire aujourd'hui Sarkozy qui a fait presque dans la repentance -lui qui n'aime pas se repentir- alors que jusqu'à la dernière minute il avait tenté l'impossible pour sauver le dictateur tunisien, sinon son régime qui était si utile très aux minables affaires des commis de l'Etat français comme la nonarchie marocaine ?
Qui peut aujourd'hui croire en Barack Obama qui vient de sacrifier son plus efficace allié (nous disons carrément son harki) du monde Arabe dont Washington s'est servi de manière ignoble pour soumettre le Moyen Orient à son diktat ?
Le vent de la liberté souffle sur le monde.
Les peuples Arabes viennent de se libérer de la peur des puissances américaine et européennes dont les armes et les conseillers militaires aidaient les dictateurs à les contenir par la terreur. Bientôt ils se libéreront de tous les dictateurs dont les fraudes électorales massives étaient critiquées des bouts des lèvres mais encouragées, souhaitées, voulues par Obama, Sarkozy, Merkel qui préfèrent nous voir écrasés par des Bongo, des Bokassa, des Moubarak, des Ben Ali, des Khaddafi pour continuer à prospérer sur notre dos, sur nos rêves d'émancipation, sur nos misères, sur nos souffrances, sur nos cadavres.
Car ils ne veulent pas de nous à titre de partenaires avec tout ce que contient ce terme en matière d'échange et de respect mutuel.
Car ils ne voient pas encore en nous des êtres humains.
Vous désirez une preuve ?
La charte universelle dit que la libre circulation des personnes est un droit pour tous.
Allez demander un visa touristique à une ambassade européenne. Dès la porte d'entrée on commence à vous faire comprendre que vous êtes indésirables.

Mahdi Hocine

Révolution Tunisienne : Mohammed Ghannouchi out !

La démission du gouvernement Ghannouchi et l'interdiction du parti Destour demeuraient les pricipaux objectifs des insurggés. Le premier ministre de la transition en Tunisie avait contre lui d'avoir été pendant de longues années l'homme de confiance du dictateur déchu. En outre, quelques heures après la fuite en catimini de son maître, il était apparu à la télévison pour faire une annonce qui avait choqué plus d'un:
-"Avant de partir provisoirement (?) son excellence le président de la république Zine el Abidine Ben Ali m'a confié l'intérim".
Il y avait dans le discours le mot "provisoirement" qui ne cadrait pas avec l'ambiance électrique du moment.
Etait-ce une maladresse de langage ?
Ghannouchi n'est pas né de la dernière pluie. Ce n'est pas non plus un vieux tocard de la scène politique pour commettre une telle bévue. L'explication se trouve dans les manoeuvres tardives en coulisses de Barack Obama et de Hillary Clinton en vue de sauvegarder le régime en sacrifiant le maître. En ce sens les dirigeants américains avaient une longueur d'avance et de clairvoyance sur Sarcozy et Michèle Alliot Marie qui avaient tout tenté pour consolider le pouvoir de Ben Ali en proposant à celui-ci l'envoi de spécialites en gestion des émeutes. Ghannouchi avait plongé sur l'offre des "ricains" qui lui avait semblée plus réaliste, donc plus à même de calmer les manifestants. Le peuple épuisé pouvait se contenter du départ du dictateur et de sa famille.
Gannouchi avait perdu de vue que les Tunisiens avaient l'exemple concrêt de l'inthifada de I988 contre la bande à Chadli. Les Algériens furent à deux cheveux de réussir à changer le régime du parti unique et inique mais ils s'étaient contentés de quelques reformettes qui n'eurent aucune conséquence sur un système de gouvernement qui survole délibérément le cumul des vrais problèmes qui empêchent le pays d'avancer sur le chemin du progrès et de la paix sociale.
Au lendemain de la fuite de Ben Ali nous écrivions que les Tunisiens étaient mieux structurés socialement et disposaient d'une classe intellectuelle et politique moins dépendante du pouvoir, active en plus d'une classe moyenne décompléxée. Nous avions précisé notre pensée en écrivant que les Tunisiens ne feront pas comme les Algériens: ils auront la tête de Ghannouci, de son gouvernemt, de son parti et de tous les serviteurs de Ben Ali.
Il y a eu plus de morts, plus de blesser, plus de dégâts mais chaque étape de la révolution a un prix.
Le même scénario s'est produit dans un pays voisin le 11 février.
Barak Obama vient de commettre la même gaffe avec l'armée égyptienne en lui recommandant (ordonnant) de retirer de la circulation Moubarak et quelques un de ses ministres trop discrédités auprès de l'opinion sans toucher à l'ossature du régime.
Hussein Tantawi, Omar Souleimane, Ahmed Chafik, Abou el Gheit et compagnie croient au père Noël s'ils pensent que les révolutionnaires de la place des Martyrs cesseront de réclamer leur départ. Ces hommes ont contre eux d'avoir marché docilement dans la direction voulue par Bush, Obama, Pères, Netanyahu sans tenir compte des sentiments de la majorité des citoyens égyptiens en particulier et arabes en général sur leur trahison.
Méfions- nous de Barack Obama et d'Hillary Clinton quand ils se déclarent proches des peuples qui revendiquent la liberté et la justice. Ils nous tracent des limites à ne pas franchir.
Cela ne leur coûtera rien de nous donner en offrande quelques têtes de dictateurs mais ils n'abandonneront pas facilement les régimes qui nous ont rabaissés à la condition des infra-humains.
La fabrication en chaîne des "Pinochet" est leur spécialité. Nous n'auront plus faim mais nous ne serons jamais souverains dans nos pays "indépendants".

Mahdi Hocine

mardi 22 février 2011

Mouammar Khadafi: Amnésie et Barbarie !

Dans son livre vert qu'il classait au niveau du Coran Mouammar Khadafi avait écrit que le peuple a le droit de destituer ses dirigeants. Il y a deux jours des généraux lui avaient recommandé de remettre le pouvoir au peuple qui le lui réclamait par des manifestations pacifiques. Il leur aurait répliqué:
-"Jamais ! J'ai crée la Jamahiria Libyenne. Je la ramerai à l'âge de pierre mais je ne partirai pas"-.
Le soir même son fils Sif Islam répétera à peu près la même chose en s'adressant aux manifestants par le biais de la télé officielle. Un morceau d'anthologie des discours de guerre:
-"Il y aura un bain de sang. Nous résisterons jusqu'à la dernière cartouche... Jusqu'au dernier homme"-.
S'adressait-il à une force d'occupation ?
Bien entendu, les généraux ont disparu de la circulation. Volatilisés par la magie Khadafienne.
Depuis la répression a décuplé en férocité et le bain de sang vient de commencer. A huis clos. Ou presque puisque les réseaux de communication ont été coupés, les journalistes étrangers chassés et la chaîne officielle de télévision ne diffuse que des variétés et des mensonges sur ce qui se passe dans la rue libyenne.
Amnésique Mouamar Khadafi ?
Nom !
C'est un psychopathe qui prétend ne détenir aucun pouvoir en affirmant que c'est le peuple libyen qui dirige le pays. Quant aux manifestants qui ont envahi les villes pour réclamer son départ, ce ne sont que des bandits, des drogués, des ennemis de la nation télécommandés par l'Amérique pour dépecé le pays en petits royaumes.
Or personne n'ignore que si Khadafi est encore vivant et propriétaire de la Libye (nous avons bien écrit propriétaire, pas président) c'est grâce à George Bush, Tony Blair, Berlusconi, Angéla Merkel, Shimon Peres et Nicolas Sarkozy qui l'avaient obligé de se défroquer contre la promesse de le laisser faire du peuple libyen ce qu'il voudra.
C'est bien le marché le plus criminel conclu entre les grandes puissances " démocratiques" et un dictateur psychopathe très riche en pétrole.
Le mal est fait. Nous ne pouvons plus revenir en arrière.
L'urgence du moment ce n'est pas de faire des discours stupides comme Ban ki Mon et Hillary Clinton.
L'urgence du moment c'est d'agir pour neutraliser le président fou qui se croit en droit de mourir sur le trône et de transmettre la Libye en héritage à son fils, tout simplement parce qu'il avait libéré son pays d'un monarque sénile.
Les officiers libres ne doivent pas démissionner ou fuir pour protester contre le massacre des manifestants. Leur devoir patriotiques c'est de l'écarter du pouvoir pour ne pas donner l'occasion à des forces étrangères de le faire à leur place.

Mahdi Hocine

lundi 21 février 2011

Sif bessif (2)

Ce matin nous écrivions qu'il était dans la nature de Sif el Islam Khadafi de mettre à exécution ses menaces contre les manifestants. Il s'était bien exprimé en chef d'Etat qui était condamné à préserver son régime ou de mourir. Son père avait défendu Ben Ali et Moubarak contre leurs citoyens. Lui personne ne le défendra. Tous les dictateurs arabes le détestent. Tous les monarques du Moyen Orient le vomissent. Tant de fois il les avait attaqués, méprisés, tenté de les destituer quand le monde était partagé entre les USA et la l'ex URSS, ce qui donnait à l'utopie humaniste et révolutionnaire une marge de manoeuvre appréciable. Le roi empaillé Abdallah de Ryad n'est pas disposé de lui ouvrir l'un de ses nombreux palais comme il l'a fait pour Ben Ali. En Europe ses deux amis intimes Berlusconi et Sarcozy n'auront pas le courage
de s'afficher auprès de lui. Nous croyons que le président français doit se mordre les doigts d'avoir dégommé sa ministre des drroits l'homme pour le crime de critiquer un prestgieux invité qui avait débarqué avec des bons de commande de cinq milliards dollars pour du matériel militaire.
Aujourd'hui les hélicoptères français servent au Khadafi pour bombarder les manifestants français.
Lorsque Sif disait hier qu'ils tueront jusqu'au dernier manifestant mais ne partiront et ne lâcheront pas le pouvoir . il ne plaisantait pas.
Ils, ce sont Mouammar Khadafi, ses enfants, ses courtisants et ses mercenaires.
Il est en train de le faire.
L'Europe et l'Amérique peuvent toujours condamner!
Parler ou rdiger ne coûte rien POUR CEUX QUI N'ONT PAS UN IOTA D'HONNEUR.

Mahdi Hocine

mercredi 16 février 2011

Dirigeants arabes : Tous les mêmes !

Depuis le suicide du marchand ambulant tunisien Bouazizi parce qu'il a été giflé par une policière indigne de représenter la loi notre attention, toute notre attention reste concentrée sur le Maghreb et le Moyen Orient vingt quatre heures par jour.
En grillant un homme le feu a libéré tout un peuple de la peur d'affronter une féroce dictature. Pas seulement !
Il a encouragé tous les peuples arabes à s'engager sur le chemin de la dignité.
Pendant si longtemps nous avons rêvé, écrit, agi pour que les citoyens se prennent par la main, surmontent la peur du bâton et de la prison, oublient un tout petit peu leur légendaire sagesse et montent à l'assaut des citadelles dictatoriales qui n'ont aucune consistance. Bien que bâties sur des socles très résistants: l'armée, les forces de sécurité, la corruption, le soutien des grandes puissances et l'inertie de la majorité silencieuse qui se place en position de spectatrice jusqu'au moment où elle sent qu'aucun danger ne la menace si elle entrerait dans la mêlée.
Pour nous le soulèvement victorieux en Tunisie devait avoir d'importantes répercussions au Maghreb et au Moyen Orient. Par bonheur nos prévisions les plus optimistes ont été très largement dépassées à la vitesse de la lumière. En effet la chute du pharaon Hosni Moubarak après seulement vingt trois jour de manifestations non stop, personne n'aurait parié là dessus. Nous avons eu mieux que cela car le peuple égyptien, avec sa majorité silencieuse, ont décidé de ne pas cesser de manifester avant la dislocation du régime militaire soumis aux américains. C'est une grande avancée pour tout le monde arabe vers la souveraineté citoyenne et la bonne gouvernance. Car depuis 1976 l'Egypte d'Anouar Sadate et de Moubarak (avec l'Arabie Saoudite) a livré le Moyen Orient et ses richesses naturelles au Pentagone, faisant de la Ligue Arabe un mur en acier trempé contre lequel se fracassent les aspirations des citoyens arabes à la dignité, à la liberté, à la prospérité, à la souveraineté citoyenne.
L'Algérie, le Yémen, la Jordanie, la Syrie ont connu de violentes secousses avant le Caire. La police et les services de sécurité tabassent, emprisonnent, torturent, tuent. De leur côté les citoyens en rébellion ne semblent pas disposer à céder. Les coups de bâton, la prison et la mort ne les effraient plus. La liberté et la dignité ne s'acquièrent qu'au prix du sang. Tous les peuples arabes ont enfin fini par admettre ce postulat. C'est la belle leçon retenue de la magnifique révolution tunisienne qui s'achèveera avec l'élimination de Mohamed Ghénouchi et son équipe à qui Zine El Abidine Ben Ali avait confié la gestion du pays avant de fuir (provisoiremen?). Nous observons que villes et villages rassemblent quotidiennement des centaines de maneifestants qui expriment leurs frustrations en brûlant les symboles du pouvoir. Le cumul des problèmes est tel qu'à n'importe quel moment l'énorme machine répressive -dans la plupart des cas formée, équipée et financée par les grandes puissances européennes et les USA- ne pourra plus contenir les foules.
L'embrasement de la Tunisie était-il imprévisible ? Oui et non. L'étincelle Bouazizi a provoqué une déflagration dévastatrice parce que le dictateur et son parti n'ont jamais envisagé la possibilité que le peuple tunisien deviendrait un jour un ennemi, une montagne de TNT qui déchiquettera le pouvoir en quelques jours. Si nous analysons les causes de la révolution tunisienne nous parviendrons inévitablement à la conclusion que tous les peuples arabes cumulent les mêmes frustrations et sont habités par la même volonté de chasser les dictateurs, de libérer le pays de dirigeants imposés, d'accéder à la souveraineté citoyenne, de construire un Etat de droit.
Les seuls acteurs qui font semblant de ne pas comprendre, sentir, voir cette évolution sont les dictateurs et les super citoyens qui tirent profit du régime.
Un exemple :
Au lendemain de la marche à Alger du 12 février 2011 nous avons entendu le ministre algérien des affaires étrangères répéter les mêmes âneries qui furent proférées par son homologue égyptien quelques jours avant la destitution de Moubarak. -"L'Algérie n'est pas comme la Tunisie et l'Egypte"-.
Le ministre algérien qui a prononcé béatement ces âneries est devenu tristement célébre au cours de la parodie de procès du scandale du siècle : l'affaire Khalifa Bank. En conclusion de son audition en qualité de témoin il avait déclaré à la présidente du Tribunal :-"je n'étais pas intelligent-".
En vérité il avait eu la diabolique intelligence de faire de l'empire financier de Khalifa un pont aérien et insoupçonnable pour l'évasion des pétrodollars vers les banques suisses, françaises et anglaises qui ont la spécialité de protéger l'argent pillé par les dictateurs, les ministres et les commis d'Etat du Maghreb, du Moyen Orient, d'Afrique, d'Amérique Latine et d'Asie.
L'erreur du ministre a été de croire que les journalistes algériens n'avaient pas le courage de remonter jusqu'à lui et de rendre publique son implication directe dand l'affaire Khelifa. Heureusement pour lui que la présidente couchée du Tribunal avait reçu l'ordre de ne condamner que le menu fretin.
Oui, les dirigeants arabes sont vraiment tous les mêmes. Ils sont d'une intelligence diabolique et ils en usent rien que pour faire du mal à leurs pays.
Mahdi Hocine